mercredi 29 octobre 2008

La suite de ce blog sur Liberation.fr

Ce blog n'est plus actif. Néanmoins ses archives restent accessibles. Pour accéder au blog qui lui a succédé, désormais hébergé par le site internet du journal Libération, cliquez sur le lien ci-dessous :


Pour tous les autres liens me concernant, merci de visiter ma page d'accueil, à cette adresse :

samedi 8 mars 2008

Nouveau blog / J-6

Ce blog n’est pas loin d’avoir une année et demie d’existence. Je viens bientôt le suspendre, pour passer à la vitesse supérieure, en créant un nouveau blog chez un hébergeur connu qui offre un grand potentiel de fréquentation et de valorisation des billets que je vais être amené à publier.

Je ne vous en dis pas plus, sinon que le premier billet de ce nouveau blog devrait être posté le jeudi 13 mars.

vendredi 29 février 2008

Homophobie dans les stades

Il parait qu'on voit le mal partout. Qu'on victimise à outrance. Que quand on traite quelqu'un d'enculé, ce serait en fait affectueux. Ce serait comme traiter quelqu'un de tocard, ça devrait faire rigoler, ce serait « plutôt sympa », et il faudrait vraiment être un pisse-froid pour mal le prendre.

Cependant nous sommes des gens susceptibles et paranoïaques, on ne se refait pas, et il y a des choses qui ne passent décidément pas. Paris Foot Gay m'a alerté sur deux vidéos disponibles sur Youtube, prises à Marseille lors du match OM-PSG du 17 février. Sur la première, on entend le fameux « Oh hisse enculé ! » qui fait la fierté de nombreux clubs de supporters.



Si l'on tend l'oreille sur la fin, on entend quelques voix ajouter « Pédés! », sans doute pour ceux qui n'aurait pas bien compris le sens du mot « enculé ».

Et sur la vidéo suivante, inutile de monter le son — il vaut même mieux le baisser pour le supporter — c'est encore plus explicite.



Comment ne pas éprouver de la colère quand on sait que, statistiquement, dans le public qui entoure ce groupe de supporters, peut-être même parmi eux, ou parmi leurs enfants, il y a des gays, des lesbiennes, des bis ou des jeunes en interrogation sur leur identité ? Raillés et injuriés par leurs propres amis ou même leur propre famille dans leur intimité, la fête a du avoir pour eux un certain goût de cendre ce soir là. La ligue de Football Professionnel et les clubs de Ligue 1 et 2 vont-ils enfin le comprendre ?

jeudi 28 février 2008

Santé des jeunes et suicide des jeunes homosexuels : on avance, mais encore un effort, madame la Ministre

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a présenté hier un plan « Santé des jeunes » avec un volet spécifique aux jeunes homosexuels. Le ministère reprend à son compte les constats dressés par les associations, notamment sur le suicide. Citant le baromètre santé 2005 de l'INPES, le ministère avance que « La prévalence des pensées suicidaires dans l'année est de 12,9% chez les homo et bisexuels versus 6,4% chez les hétérosexuels. La prévalence des tentatives de suicide au moins une fois dans la vie est de 7,5% chez les homo et bisexuels versus 2,5% chez les hétérosexuels masculins. » Le ministère cite aussi le rapport issu des travaux préparatoires à l’élaboration du plan Violence et Santé : « 25 % des garçons accueillis pour suicide évoquent leur homosexualité pour la première fois après la tentative. De plus la synthèse de plusieurs études récentes permet de constater que si, chez les 12-25 ans, les sujets homo, bi ou transsexuels représentent 6 % de la population générale masculine, ils constituent 50 % de l’ensemble des garçons décédés par suicide pour la même tranche d’âge ». Glaçant.

Lire la suite

lundi 25 février 2008

Pour la HALDE, les pacsés sont victimes de discriminations selon la situation de famille

La HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) vient d'adresser une recommandation au Crédit Agricole, mais aussi au gouvernement, visant à étendre le bénéfice des avantages rémunérés pour événements familiaux aux salariés unis par un pacs. Un salarié du Crédit agricole, soutenu par SOS Homophobie, se plaignait en effet de n'avoir pu bénéficier d'un congé pour événements familiaux suite à la signature de son pacs : seul le mariage ouvre un tel droit.

Le raisonnement de la HALDE est intéressant, par son originalité. Certes, la HALDE reconnaît que le pacs n'est pas le mariage, et que la loi n'a pas créé une d'identité des droits des couples mariés et pacsés. Mais elle souligne que pacs et mariage comportent des obligations similaires, « notamment en matière d'état des personnes et en matière patrimoniale ». Pour étayer ce point de vue, la HALDE s'appuie sur la décision du Conseil constitutionnel qui, saisi par l'opposition de l'époque, avait établi le 9 novembre 1999 que « la notion de vie commune ne couvre pas seulement une communauté d'intérêts et ne se limite pas à l'exigence d'une simple cohabitation entre deux personnes ; que la vie commune mentionnée par la loi déférée suppose, outre une résidence commune, une vie de couple. »

Lire la suite

samedi 23 février 2008

Foot et homophobie : enfin une réaction de la Ligue ?

Hier soir, lors d'un match opposant Libourne-Saint-Seurin à Bastia, un joueur, Boubacar Kébé a du une nouvelle fois affronter des banderoles racistes brandies par des supporters corses. « On n'est pas racistes - La preuve, on t'encule » En ouverture d'un week-end qui devra être ponctuée d'actions contre le racisme dans les stades, cela fait plutôt tâche.

La nouveauté du jour, c'est la subtile touche homophobe que ces supporters corses ont voulu ajouter à leur bêtise raciste. Ces banderoles en disent long sur leur psychologie d'australopithèque : pour eux, la pire humiliation que l'on puisse infliger à quelqu'un, c'est de l'enculer. Souvent, le terme « enculé » est employé sans que son auteur ne se souvienne de son sens premier. Ici, il est bien utilisé au sens propre : il s'agit de manifester sa détestation du joueur en jouant sur la connotation sexuelle du verbe. Ce que manifestement ne saisit pas le président du SC Bastia, Charles Orlanducci, que l'on entend ici sur RTL, en relativisant la gravité du propos.

Lire la suite

mardi 19 février 2008

Piercing, tatouage, Académie de médecine et homophobie

Roselyne Bachelot l'annonce ce matin dans une interview donnée à 20 minutes : le piercing et le tatouage vont être encadrés par deux décrets. Pourquoi pas à vrai dire. En matière de santé publique, il n'y a pas de petit sujet, et lire notre Roselyne se préoccupant des « nombrils » et des « mamelons » de ses concitoyens, c'est toujours savoureux.

Lire la suite

lundi 18 février 2008

Cavada et la déontologie, ça fait bien deux

Beaucoup a déjà été dit sur la video qui circule sur internet depuis ce week-end. On y voit Yvan Stefanovitch, « journaliste », présenter quelques réflexions issues de son dernier livre, et attaquant la mairie de Paris dans l'attribution de subventions accordées notamment à des associations d'anciens déportés. Dans son propos, il évoque aussi « l'explosion des subventions pour les homosexuels, 600 000 euros, ce qui est énorme ».


envoyé par harissien

Passer de zéro euro de subvention (situation avant 2001) à 247 000 euros (et non 600 000), c'est vrai que ça fait une différence. Mais quand il s'agit de financer des actions de soutien aux personnes victimes de discriminations, d'apporter écoute et convivialité aux jeunes en rupture avec leur famille, de créer du lien social là où il en manque, c'est finalement peu cher payé pour le contribuable parisien. Car on raisonne à l'échelle de Paris, et 247 000 euros de subventions annuelles (un peu moins semble-t-il en 2007) sur 170 millions d'euros, ça fait 0,14% (et non 1% comme le calcule Têtu, très généreux ! [MAJ 20h33 : erreur corrigée me signale l'auteur]).

Françoise de Panafieu, qui avait déjà lancé la polémique il y a deux ans, a même renchéri : « On a du mal à comprendre comment les associations sont choisies pour les subventions ». Il reste qu'avec l'aplomb et la mauvaise qui font son succès, elle reproche là des pratiques qui avaient précisément cours lorsqu'elle était adjointe de Tibéri avant 2001, glorieuse époque où l'attribution de subventions ne faisaient même pas l'objet de débats contradictoires au Conseil de Paris.

Lire la suite

vendredi 15 février 2008

Plus de 100 000 pacs signés en 2007

C'est devenu le marronnier de la mi-février (cf. le Parisien de ce jour) : le nombre de pacs signés a encore progressé en 2007, et même de façon spectaculaire. Le cap des 100 000 pacs signés par an a été franchi en 2007 (102 012 exactement). Dans le même temps, 266 500 mariages ont été célébrés selon l'INSEE. Les ordres de grandeur montrent qu'aujourd'hui le pacs est devenu une alternative sérieuse au mariage : plus d'un pacs est signé pour trois mariages célébrés.

Le détail de ces chiffres vaut aussi le détour. C'est à une croissance linéaire qu'on assiste depuis 2004, sans accident. Et il faut noter que le nombre de pacs dissous observe lui aussi une croissance linéaire, mais avec une pente beaucoup moins forte. Ce qui signifie que la forte croissance du nombre de pacs signés ne s'accompagne que d'une croissance modérée du nombre de dissolutions.

MAJ : l'AFP raconte n'importe quoi d'ailleurs : « Le Pacs peut se rompre par simple déclaration au greffe d'un tribunal d'instance et "dès 2001, le nombre de dissolutions a augmenté beaucoup plus vite que celui des déclarations", révélait le numéro d'octobre du bulletin d'informations statistiques du ministère. ». Ce que ne dit absolument pas le bulletin Infostat cité]

Autre observation : parmi les dissolutions, les ruptures unilatérales restent une minorité (5,1% en 2008). En soi, rompre unilatéralement un pacs ne doit pas recevoir un jugement négatif de notre part : c'est une option offerte par la loi, il est donc normale qu'elle soit utilisée. Mais on se souvient que ce mode de rupture faisait horreur aux adversaires du pacs, qui prédisait le retour de la répudiation. On sourit aujourd'hui.

Reste que tout le monde ne semble pas avoir pris la mesure de cette banalisation du pacs. A l'occasion du recensement dans mon immeuble cette semaine, j'ai eu la surprise de ne pas trouver de case "pacs" dans la rubrique consacrée à la situation familiale. Pour l'INSEE, j'ai le droit d'être marié, concubin, célibataire, veuf ou divorcé, mais pas pacsé. Quel archaïsme !

(Merci à Laurent pour les graphes)

mardi 12 février 2008

Lutte contre les discriminations : sous la pression de l'Europe, le gouvernement bâcle un projet de loi (3e partie et fin)

Présenté comme un texte censé adapter le droit français en matière de lutte contre les discriminations aux standards européens, le projet de loi qui sera discuté le 25 mars pose de sérieux problèmes, comme on l'a vu, en oubliant de donner aux associations le rôle prévu par les directives, et en rétablissant une hiérarchie entre les discriminations pourtant abandonnée ces sept dernières années. Mais ce n'est pas tout. Le projet de loi comporte de sérieux problèmes de rédaction, au détriment du droit des victimes.

Lire la suite

samedi 9 février 2008

Lutte contre les discriminations : sous la pression de l'Europe, le gouvernement bâcle un projet de loi (2e partie)

Sommé d’adapter sa loi aux directives européennes, le gouvernement a donc adopté un projet de loi dit de transposition, pour conformer le droit anti-discriminations aux standards de l’Europe. Problème, ce projet de loi a été bâclé, il n’y a pas d’autres mots. Et, si la majorité ne se ressaisit pas, son examen par le parlement ne semble pas devoir améliorer les choses. Nommée rapporteure du projet de loi le 30 janvier à l’Assemblée nationale, Isabelle Vasseur a eu six jours pour produire son rapport, examiné en 5e vitesse par la Commission des affaires sociales.

Pourquoi ce texte est si mauvais ? A première vue, il semble répondre à l’essentiel des exigences de la Commission européenne. Mais quand on en regarde les détails, il comporte de très graves insuffisances.

Lire la suite

jeudi 7 février 2008

Lutte contre les discriminations : sous la pression de l'Europe, le gouvernement bâcle un projet de loi (1ère partie)

Le 31 janvier dernier, la Commission européenne a envoyé à onze États membres des avis motivés, les avertissant que, faute d'adaptation de leur législation interne au droit européen en matière de lutte contre les discriminations, elle se donnait la faculté de saisir la Cour européenne de justice dans les deux mois à venir. La France fait partie de ces États, et si les explications qu'elle fournit ne satisfont pas la Commission, une procédure pourrait être engagée contre elle. La Cour de justice européenne constatera alors un « manquement » aux obligations européennes, qui, sans réaction de l'État mis en cause, peut déboucher sur une condamnation financière (sous forme d'astreinte quotidienne, par exemple).

Lire la suite

lundi 4 février 2008

Pierre Lellouche n'aime pas la « Gay Pride », suite

Pierre Lellouche a fait publier un droit de réponse suite à l'article que le blog Muniparis a consacré à sa réunion publique du 28 janvier. Le candidat à la mairie du 8e y réfute l'idée qu'il serait homophobe, en tenant pour preuve une loi dont il serait l'auteur, et « qui crée des circonstances aggravantes pour les violences et crimes homophobes ». Pour nous faciliter le travail, Justine Roubaud en donne l'adresse sur Légifrance. Or, surprise, dans le texte, il n'est question que de crimes et de délit racistes. Pour y comprendre quelque chose, un retour vers les faits s'impose.

Lire la suite

mercredi 30 janvier 2008

Pierre Lellouche n'aime pas la fête, « ni la Gay Pride »

A lire sur le blog « Municipales 2008 : Objectif Paris » un compte-rendu de réunion publique donnée le 28 janvier par Pierre Lellouche, candidat à la mairie du 8e. Selon l'étudiante en journalisme qui a pris note de ses propos, Pierre Lellouche s'est moqué du bilan de Bertrand Delanoë, ce qu'il est bien sûr en droit de faire, mais d'une bien curieuse manière :

« Bertrand Delanoë, lors de sa mandature, a bien su faire la fête: nuits blanches, Paris Plage, Gay Pride, … »

Les ricanements déclenchés à la suite de ce propos montrent que Pierre Lellouche a du métier, et qu'il connaît bien son auditoire, avide d'insinuations plus ou moins subtiles. Cette allusion rigolarde n'est en fait qu'une piqûre de rappel à son électorat : non, malgré ses dénégations, Pierre Lellouche n'a pas changé.

Lire la suite

mardi 29 janvier 2008

Problème technique sur ce blog

La fonction d'ajout des commentaires est tombée en panne. Je ne vois pas trop comment la réparer, et je vais donc profiter de cette avarie pour opérer une migration de Dotclear vers Wordpress, dont je n'entends que du bien. Pas d'inquiétude donc si ce blog change d'apparence ou n'est plus accessible dans les prochains jours.

{MAJ Mercredi 30 janvier} La migration vers Wordpress étant un peu galère (problème des caractères accentués qui explosent au moment de l'importation), j'en reste finalement à cette version. Il est de nouveau possible de déposer des commentaires : j'ai dû recréer la table des commentaires, qui était abîmée par un flot de spam. Toutefois tous les commentaires anciens ont disparu, mes sincères excuses pour leurs auteurs.