Je n'ai jamais été favorable à ce que nous menions une croisade contre Christian Vanneste, car j'ai toujours préféré consacrer notre énergie à convaincre ce gouvernement de produire des avancées. Avoir la tête de Vanneste plantée au bout d'une pique serait source d'une bien médiocre satisfaction. C'est pourquoi, lundi dernier, à Matignon, nous avons choisi de parler du fond de nos revendications aux conseillers du Premier ministre, pour aller à l'essentiel.

Mais l'aplomb avec lequel François Fillon s'est montré dès le lendemain aux côtés de Christian Vanneste, qui n'a jamais regretté ses propos et qui, à chaque fois que se présente l'occasion, les défend encore et encore, a de quoi mettre en colère. Qu'on nous explique : la lutte contre l'homophobie est-elle oui ou non une priorité de ce gouvernement ? Si oui, comme l'affirme le président de la République, qu'est ce que fichait Fillon à Tourcoing, à afficher ainsi cette complicité avec un député homophobe ? Cette insistance à vouloir blanchir un parlementaire qu'on aurait voulu croire marginal aura des conséquences, forcément fâcheuses, sur le ton qui va être le nôtre dans les prochains jours, si nous n'avons pas un minimum de clarifications sur les vraies intentions de ce gouvernement.