Photo récupérée sur la page consacrée à Raymond Forni sur le site de l'Assemblée nationale

Raymond Forni est mort cette nuit. Depuis 2004, il occupait les fonctions de président du Conseil régional de Franche-Comté. Mais il avait une longue carrière politique derrière lui. En 1981, il a notamment été président de la Commission des lois de l'Assemblée nationale. A ce titre, il était en première ligne pour défendre les réformes de société engagées par le Garde des Sceaux de l'époque, Robert Badinter.

Raymond Forni avait ainsi été le rapporteur du projet de loi abolissant la peine de mort en 1981. Il avait aussi organisé les travaux parlementaires en faveur de la « dépénalisation de l'homosexualité ».

Cette dépénalisation s'était faite en deux étapes, sur le plan législatif.

Le 31 juillet 1981 était d'abord votée une loi d'amnistie : celle-ci prévoyait d'amnistier les homosexuels auteurs d'outrages publics à la pudeur (pour lesquels l'homosexualité constituait une circonstance aggravante selon l'article 330-2 du code pénal) et ceux condamné en vigueur de l'article 331-2 qui fixait la majorité sexuelle à 18 ans pour les relations homosexuelles, contre 15 ans pour les relations hétérosexuelles : au nom du groupe socialiste, Raymond Forni avait soutenu ces dispositions férocement combattues par la droite.

Puis le 27 juillet 1982, une loi abrogeant ces deux articles du code pénal mit définitivement fin au traitement pénal discriminatoire des homosexuels. Là aussi, Raymond Forni était à la manoeuvre à l'Assemblée nationale, pour batailler contre une droite déchaînée et hystérique : cette proposition de loi, qu'il a défendue avec Gisèle Halimi, porta alors son nom. Sachons en garder le souvenir.